l'aventure, épisode 1

L'histoire d'une folle aventure.

Prélude :

Pour les personnes qui découvrent astrAtlas, voici en survol ce qui c'est passé durant les quelques mois précédents ce récit :
Une rencontre fortuite, une découverte balayant des préjugés, une idée, un concept, une décision, des démarches, une belle entraide et le devoir d'y aller, de se lancer: on ne fait pas machine arrière quand un rêve pourrait devenir réalité !
(tout cela est éparpillé sur le forum et l'essenCiel se trouve dans l'article « historique » du blog)

Le voyage aller :

C'est bien beau de vouloir créer un centre d'astronomie dans le Haut Atlas, encore faut-il transporter le matériel d'observation dans une voiture déjà chargée de bagages et cadeaux pour la famille à Casablanca et Azilal.
Mohamed a trouvé une petite remorque d'occasion qui devrait faire l'affaire…

Le photo-reportage de Zaurel montre que ce n'est pas si évident, qu'on a beau tenter d'utiliser chaque mm cube : à ces instants, on commence sérieusement à remettre la théorie du big bang et des trous noirs en question.
Rien qu'à imaginer que ce qui est rassemblé dans le couloir chez Aurélie (encore merci pour votre confiance et générosité !) devrait tenir dans moins qu'une tête d'épingle ? Avec de surcroît la voiture, Vollore-Ville, la Terre, la Voie lactée, l'Univers entier ?
Ils n'ont pas légèrement exagéré là les astrophysiciens ?
Ou une épingle à tricoter un épais chandail alors, ça je pourrais encore à la limite imaginer.
Toujours est-il qu'avec un peu de logique (mettre ceci là et comme ça fait gagner…attendez que je prenne mon vernier…voilàààààààà : au moins 0,75mm, bien, fort bien) et de volonté (de pousser sur le couvercle) c'était chose faite.

Bises bises et on continue la route. Pas sans difficultés :
- ce n'est pas évident de manœuvrer une remorque en marche arrière.
- quand les zèbres éclairent le ciel de Clermont-Ferrand, vaut mieux attendre que ça passe.
- si, au milieu de la nuit, on se trouve devant une route barrée, il est sage de dormir sur place et demander un itinéraire bis aux villageois le lendemain matin.
- Mohamed a trouvé d'où provenaient les intenses vibrations ressenties près de Perpignan dès qu'on dépassait les 80 à l'heure : un pneu de la remorque était par endroits usé jusqu'à la trame. Une carte d'assistance peut s'avérer utile.
- quand on ne sait pas lire une carte routière, ce n'est pas avec le Pocket Sky Atlas qu'on s'en sort pour rendre le raccourci beaucoup moins long que l'itinéraire prévu initialement.
- on aurait vraiment du s'exercer à faire des marches arrières sur la place de l'église près de la route barrée : là au moins il y avait de la place. Pas comme entre les barrières du péage autoroutier (Mohamed aurait-il évité « Manuelo » en pensant qu'il aurait affaire à une grosse brute moustachue ne parlant pas la langue de Molière ?)
- il arrive qu'en cours de route (surtout quand ça vibre très fort au-delà des 80 à l'heure), vous perdez une plaque minéralogique. Dans ce cas, pas de panique, il y a une solution : du vernis à ongles.
Osez en demander à une jeune femme ! En prenant un air viril, je pense (enfin, j'espère) qu'elle vous croira. Il est cependant déconseillé de parler des vibrations en utilisant ses notions d'italien au lieu de parler couramment l'espagnol.
- ne dormez pas sous une remorque sans prévenir le conducteur, cela pourrait être dangereux.
Si ce dernier est un peu dur d'oreille et dort déjà installé derrière le volant, voiture fermée à clé, débrouillez-vous pour trouver de quoi écrire et coller un message sur le pare-brise.
Astuces : en espagnol, papier se dit papello, stylo se dit stylo et pour du papier collant je ne sais pas, « papello collanté » n'a pas marché. Essayez « adhésivo » ? (je m'en suis finalement sorti en montrant le papier collant de mon paquet de tabac)

Et j'en passe…voilà enfin Algeciras et la traversée vers Ceuta, vers le Maroc !



Je la trouvais émouvante cette traversée, ce fin détroit où se mélangent Atlantique et Méditerranée mais qui sépare tellement de choses !
« le monde est un livre, celui qui ne voyage pas n'en lit qu'une page » écrivait je ne sais plus quel poète.
(aujourd'hui c'est pire : on ne lit plus, on regarde la télé)



Débarquement après cette brève prise d'air marin, ensuite il suffisait de suivre le flot de voitures pour se trouver aux portes du Royaume du Maroc.
Qu'aurais-je fais à la douane sans l'aide de Mohamed, moi qui ne sait même pas prononcer correctement « salâm-aleïkoum » ?
Un poste frontière où les files d'attente s'allongeaient.
Pour cause la grippe aviaire. C'est malheureux à dire (il y a eu des victimes) mais le tumulte à la douane pour contrôle médical (provenance) nous a épargné du déballage de voiture et remorque si difficilement remplis, ceci aussi grâce à Mohamed qui maîtrise parfaitement l'arabe et a l'habitude des traversées.

C'est donc avec un grand soulagement que je salue le drapeau Marocain et à peine en route vers Casa, je remarque les contrastes du paysage (qui a encore dit que c'est aride par là ? Personne ? Ah, c'était ce que je pensais naguère ?).
On se repose en cours de route à l'ombre d'un chêne vert, près d'une source joliment décorée de mosaïques et mise à disposition des voyageurs.
Que ça fait du bien de s'y rafraîchir ! Cela change des aires de stationnement autoroutières ! Un brin de causette (Mohamed, moi je ne pigeais rien) avec l'agriculteur propriétaire des lieux qui vient apporter des figues qu'il venait de récolter.
Bizarre d'aspect ce fruit en version originale, mais comme c'est juteux et bon !

Ce qui m'a frappé aussi, dès le début, c'est la façon de vivre des gens.
Un autre monde où je vais de surprises en surprises : il serait étonnant de ne pas s'étonner!
Lors du court séjour à Casa, j'ai vu un échantillon de ce que j'allais vivre intensément pendant un bon bout de temps à Azilal, et déjà, je savais que j'allais m'y plaire !



Puis le ciel…d'accord, l'astronomie à Casablanca…autant rester à Bruxelles, mais un coucher de soleil sur ses rivages, c'est incontournable.







Entre parenthèses, j'y songe en parlant de Bruxelles, capitale du pays de la bière : j'ai goûté la « Flag Spéciale », une bonne petite pils bien houblonnée dois-je avouer.

Mais loin de là le but du voyage. C'est l'endroit avec un ciel pur et sans trop sacrifier aux habitudes urbaines (eau, électricité, accessibilité…) que je cherche.
Un endroit où il fait bon vivre et où l'astronome amateur est particulièrement comblé.

Après trois jours à Casa, départ vers Azilal.
Abdellatif est venu « en renfort » pour transporter Rachida et les enfants qui sont venus en avion.
C'était notre première rencontre en vrai après les communications par courriel ou skype.
Vous savez ce que ça donne n'est-ce pas ? Chaud au cœur !
Allez, dernière ligne droite : le trajet Casa > Azilal.
Ligne droite…façon de parler : au fur et à mesure de notre progression vers le Sud-Est, la chaîne du Moyen et Haut Atlas s'impose lentement, puis sûrement, parfois brutalement.
Paysage d'une beauté sauvage contrastant avec les zones cultivées (vous devriez goûter le melon, la pastèque, l'huile d'olive, les oranges…), Azilal a bel et bien les pieds dans les plaines fertiles de Beni-Mellal et la tête dans les sommets rocheux.
Un pays d'air, de terre, d'eau et de feu…




A suivre…

Patte.


22/07/2009
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